Pierre de BOURDEILLE dit BRANTÔME
Né à Bourdeilles en Périgord sous François Ier à une date incertaine – il dit avoir sept ans lorsque son père meurt entre 1546 et 1549 – Brantôme mort sous Louis XIII, le 15 juillet 1614. Écrivain courtisan, épris de cette Cour qu’il nomme « le paradis du monde », mais soldat obsédé par la geste militaire et les valeurs aristocratiques, sa vie est aussi ponctuée d’échecs. Échec militaire d’abord. Brantôme est certes un homme de guerre, mais il est né trop tard pour participer aux guerres d’Italie. Échec politique aussi, car, s’il est un courtisan assidu, il se choisit des maîtres qui meurent trop tôt. Sa rupture avec Henri III en 1581, la mort du duc d’Alençon en 1584 surtout, enterrent définitivement ses ambitions. Échec matrimonial enfin, car ses nombreuses aventures galantes ne le conduiront jamais devant l’autel. La vraie réussite de Brantôme est son œuvre littéraire. Publiée après sa mort à partir de 1665, c’est un témoignage de son temps, sur son temps. Parfois mal compris et très longtemps réduits à leur caractère « léger », ses écrits sont aussi une exploration de la mentalité aristocratique, offrant au lecteur les clefs pour comprendre comment la noblesse du XVIe siècle vivait et pensait l’amour, le mariage, l’infidélité, la galanterie, la chasteté, la vertu et la gloire militaire. Vue par le prisme parfois déformant de la vie des hommes et des femmes ses contemporains, l’œuvre de Brantôme est prolixe et hétéroclite, mais parfois fâchée avec l’exactitude historique. Elle mêle des genres aussi divers que l’autobiographie, la biographie, la chronique et la compilation d’anecdotes amassées à la Cour, sur les champs de bataille ou dans les ouvrages. (Source : France Archives)