BARABBAS

110,00

Lucien DESCAVES

Théophile STEINLEN

Eugène REY

EDITION ORIGINALE

In-8° – 259 pages
Dimensions : 160 x 200

Reliure plein maroquin vert
Dos à 5 nerfs
Tête dorée
Couverture illustrée et dos conservés
Intérieur impeccable

Dans ce livre au ton faussement et malicieusement solennel qui occupe une place de choix dans l’oeuvre de Descaves, de courtes histoires sont contées par un vagabond. Barabbas, ce “vilain homme” que l’auteur a ressuscité se caractérise par son attitude : il refuse d’accepter un condition de pauvreté extrême qu’il juge illégitime. Il refuse de se convertir à la morale qui régit les rapports des individus détenant le pouvoir et les individus le subissant.

Barabbas ne se résigne pas à son rôle de déshérité. Pour cela, ne se contentant pas de le subir, il en vient à le revendiquer. La misère à tracé entre lui et l’ensemble de la population une infranchissable frontière. Ce personnage effraie car il renvoie à chacun sa propre image, une image déformée par l’indigence.

Théophile STEINLEN : Né le 10 février 1859 à Lausanne (Suisse), mort le 14 décembre 1923 à Paris. Né dans une famille paternelle où le dessin et la peinture était à l’honneur, le jeune homme ne rencontra pas de difficultés pour s’adonner lui-même au dessin. Bachelier à seize ans, Théophile Steinlein entama des études à la faculté de lettres de Lausanne avant que de se rendre à Mulhouse où, embauché dans une fabrique de tissu, il dessina les motifs des étoffes. Il s’initia alors également à la gravure, à la lithographie, à la peinture. Rêvant de Paris, il quitta l’Alsace en octobre 1881 avec Émilie Mey (avec laquelle il se maria en 1895) et munis des recommandations de son ancien patron, il trouva une place de dessinateur de tissu. Il s’installa alors à Montmartre.

L’hiver 1882, malade, Steinlen fut visité par le Dr Willette qui remarqua les dessins et esquisses accrochés dans son logement et qui lui proposa de faire la connaissance de son jeune frère peintre Adolphe Willette. Une amitié de quarante années commença alors entre Théophile et Adolphe qui lui fit découvrir Montmartre et ses cabarets, sa sociabilité qui allait « de la bohème » à « la jeunesse dorée ». Les soirées au cabaret « le Chat Noir », ouvert depuis peu par Rodolphe Salis, lui permirent de sympathiser aussi bien avec Laurent Tailhade, Jean Richepin que Villiers de l’Isle Adam ou Alphonse Allais. Aussi, quand Salis crée la Gazette du Chat Noir en 1882, Steinlen y livra un premier dessin le 2 septembre 1883, qui sera suivi de 72 autres parutions. En 1885, c’est le chansonnier Aristide Bruant qui ouvrit à son tour son cabaret « le Mirliton » et créa également une gazette à laquelle Steinlen contribua largement tout en illustrant plus de 120 chansons de Bruant. De plus en plus mêlé à la vie de la population montmartroise, aux ouvriers, aux petites mains et aux gens de peu observés dans les rues de Paris, Steinlen rencontra également d’anciens communards rentrés d’exil après la loi de 1880, il sympathisa tant avec les socialistes que les anarchistes et il s’affirma, de par ses dessins, parmi les artistes les plus sensibilisés au mouvement social de la fin du siècle.

Steinlen fit également connaissance de Lucien Descaves ou encore de Jean Richepin, de Aurélien Scholl et par la presse, il élargit son audience. À partir de 1893, il collabora au Chambard socialiste de Gérault Richard où il livra de très nombreux dessins, parfois sous le pseudonyme de Petit Pierre. Outre son œuvre d’affichiste et de peintre qui lui valut sa première exposition en mai 1894, Steinlen livrait à la presse des dessins engagés, dénonçant tour à tour l’exploitation des ouvriers et des ouvrières mais aussi en attaquant l’armée, la justice, l’église, le « capital » et la banque et défendant l’idée d’une République sociale qu’il représentait dès lors sous les traits d’une jeune femme libératrice et émancipatrice. Suite aux votes des lois scélérates de 1893 et 1894, potentiellement menacé d’être arrêté, Steinlen, comme Mirbeau, Paul Adam ou Bernard Lazare, quitta la France en juillet 1894 et il se rendit à Munich où il publia dans Simplicissimus, hebdomadaire socialiste allemand ; puis il se rendit en Norvège. Pendant ce temps, à Paris, se tenait le « Procès des Trente » qui réunissait sur les bancs des accusés vingt-cinq prévenus dont Paul ReclusJean GraveSébastien FaureFélix Fénéon accusés sous le chef d’association de malfaiteurs. Après la relaxe des figures du mouvement anarchiste, Steinlen rentra en France aux alentours d’octobre 1894.

L’année qui suivit, il fit une demande de naturalisation et régularisa sa situation matrimoniale en se mariant à la mairie du 18e arr. et il poursuivit ses livraisons à différents titres, au Gil Blas, au Mirliton, mais aussi à La Petite République, à l’Almanach socialiste, à l’Almanach de la question sociale. Il fut également sollicité pour illustrer des annonces de conférences, la tenue de fêtes ou de nombreuses chansons comme l’Internationale de Eugène Pottier en 1895. Cette même année, il réalisa la couverture des Soliloques du pauvre de Jehan Rictus. À compter de 1897, il fut le principal illustrateur de La feuille de Zo d’Axa (17 numéros sur 25) et durant l’Affaire Dreyfus, Steinlen dénonça les machinations militaires et les mensonges de l’état-major, renvoyant dos à dos Justice et Armée (La feuille du 18 janvier 1898 ).

Durant la guerre de 14-18, Steinlen se rendit en différents lieux de combat, et il s’attacha à restituer en pacifiste humaniste tant la vie à l’arrière que les populations déplacées, les corps harassés au combat des poilus et les blessés au front comme des ouvriers exploités de la guerre. Il participa également à diverses campagnes de bienfaisance, exposa à plusieurs reprises, avançant l’idée d’une Marianne à la fois républicaine et révolutionnaire, patriotique et victorieuse. Après-guerre, outre des expositions personnelles comme celle de 1920, il collabora à l’Humanité, à Clarté comme aux Temps nouveaux. Il réalisait toujours de nombreuses toiles tout comme il illustrait des ouvrages et brochures et portraitiste de nombreux contemporains qui ont son amitié, d’Anatole France à  Maxime Gorki.

Il mourut en 1923, ses cendres furent inhumées au cimetière Saint Vincent et ses funérailles furent l’occasion d’un regroupement de nombreux inconnus sensibilisée à son œuvre. 

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