CLOCHEMERLE

Gabriel CHEVALIER

Albert DUBOUT

FLAMMARION 

70,00

Illustrations de DUBOUT
Editions Flammarion, 1945
In-4° – 340 pages
Dimensions : 230 x 280
Exemplaire n°8820
Reliure demi-chagrin marron à bandes
Tête dorée
Intérieur impeccable
Remarques : Nerfs, coiffe et mors légèrement frottés

Le roman commence quand Barthélemy Piéchut, le maire de la commune de Clochemerle-en-Beaujolais, dévoile à Ernest Tafardel, l’instituteur, son projet : « Je veux faire construire un urinoir, Tafardel. […] Enfin, dit-il, une pissotière ! »

Cette vespasienne, destinée, bien plus peut-être, à confondre madame la baronne Alphonsine de Courtebiche, le curé Ponosse, le notaire Girodot et les suppôts de la réaction, qu’à procurer un grand soulagement à la gent virile de Clochemerle, est édifiée tout près de l’église où Justine Putet, vieille demoiselle, exerce une surveillance étroite.L’histoire qui démarre alors, riche en rebondissements, sera l’occasion de caricaturer avec verve et justesse la société française de l’époque : riches, pauvres, clergé de campagne et prélats, politiques locaux et ministres, fonctionnaires, militaires, paysans et nobles, hommes comme femmes en prennent pour leur grade.

Sous des apparences de gauloiserie, l’auteur laisse voir sa vision de la société et transparaître son caractère de libre penseur. Il dénonce l’hypocrisie, l’arrivisme et la corruption que les vignerons de Clochemerle, des gens simples, subissent et finissent par surmonter grâce à leur bon sens (et au vin de Beaujolais!).

Albert Dubout est né le 15 mai 1905 à Marseille. Après des études au lycée de Nîmes1 , puis à l’école des Beaux-Arts de Montpellier, où il rencontre sa première épouse, Renée Altier, il s’installe à Paris en 1922. Ses premiers dessins paraissent dans L’Écho des étudiants de Montpellier en 1923.

En 1929, Philippe Soupault, directeur littéraire aux éditions Kra, lui fait illustrer son premier livre : Les Embarras de Paris de Boileau.

Il illustre près de 80 ouvrages, dont 18 recueils de dessins, dont des livres de Boileau, Beaumarchais, Mérimée, Rabelais, Villon, Cervantes, Balzac (Les Cent Contes drolatiques), Racine, Voltaire, Rostand, Poe, Courteline et simultanément des textes officiels (code des impôts) et de nombreux romans (dont les « San Antonio »). Il donna des dessins pour Clochemerle de Gabriel Chevallier. Il collabore à divers journaux et revues dont Le Rire, Marianne, Éclats de Rire, L’os libre, Paris-Soir, Ici Paris… Il réalise aussi des affiches de cinéma et de théâtre, en particulier pour Marcel Pagnol, ainsi que des décors. Il travaille dans la publicité, dessine de nombreuses couvertures de livres et des pochettes de disques, ainsi que de très nombreux dessins mêlant humour et pornographie. Sa production de peintures à l’huile (70 tableaux) est plus confidentielle.

En 1967, il s’installe avec sa seconde épouse, Suzanne Ballivet, également artiste peintre, à Mézy-sur-Seine. Jusqu’à sa mort en 1976, il partagera son temps entre cette localité et Palavas-les-Flots. Dans ses caricatures, il s’est d’ailleurs souvent moqué du petit train de Palavas et des touristes se rendant dans la petite station balnéaire.

Il est inhumé au cimetière Saint-Fulcrand de Saint-Aunès, au côté de Suzanne Ballivet.

Durant sa vie, Albert Dubout a illustré plus de 80 ouvrages dont le dernier a paru après sa mort. Il a publié 27 albums et crée 80 affiches de cinéma et de publicité. Par ailleurs, il a réalisé 70 peintures à huile dont les fameuses Corridas avec leurs ombres et lumières ainsi que les Toreros. Avec Magritte et Steinberg, il est certainement l’un des artistes les plus influents de toute une génération de dessinateurs et illustrateurs. Passionné de mise en scène et d’ « auto gags » photographiques, il semble vaciller entre les photos de plateaux de scènes de films de Chaplin et les féeries de Jérôme Bosch. Dubout, un vrai bourreau de travail, qui avec Daumier, est un des plus beaux fleurons de la satire française