JOURNAL

55,00

Jules RENARD

Jacques THÉVENET

LA BELLE ÉDITION

Compositions de Jacques THÉVENET

La Belle Édition

In-8° – 370 pages
Dimensions : 165 x 215

Exemplaire n°619 sur vélin de Lana

Reliure éditeur plein cuir marron
Initiales de l’auteur estampées à froid sur le plat
Tête dorée
Intérieur en parfait état

Remarque : dos insolé

«Ne pas se tromper aux figures hautaines et silencieuses : ce sont des timides», écrit Jules Renard parlant de lui. Comme tous les timides, il répugnait à se confier aux autres. Son Journal lui sert de confident, d’interlocuteur, de complice. C’est à la mémoire des feuillets qu’il remet ses pensées les plus secrètes et les plus contradictoires. Ardent dreyfusard, il écrit : «Je suis écœuré à plein cœur, à cœur débordant, par la condamnation d’Emile Zola…» Mais il confesse ailleurs : «Nous sommes tous antijuifs. Quelques-uns parmi nous ont le courage ou la coquetterie de ne pas le laisser voir.»
Il se répand en réflexions misogynes : «Si jamais une femme me fait mourir, ce sera de rire» ; «Dès qu’on dit à une femme qu’elle est jolie, elle se croit de l’esprit» ; «La femme est un roseau dépensant.» Mais n’est-ce pas pour exorciser le chant des sirènes ? «Je les aime toutes. Je fais des folies pour elles. Je me ruine en rêves.»
Anticlériclal, antireligieux convaincu, auteur de La Bigote, au Journal il confie cependant : «J’ai l’esprit anticlérical et un cœur de moine.»
Il avait une conscience amère, injuste et orgueilleuse de ses limites, mais aussi de ses qualités, celles des grands écrivains – l’humour, l’ironie, la poésie : «Les ironistes, ces poètes scrupuleux, inquiets jusqu’à se déguiser.»
Portrait d’une époque et d’un milieu, peinture des naturels du Morvan, et par-dessus tout portrait d’une âme poétique jusqu’à la souffrance, le Journal de Jules Renard est un chef-d’œuvre de la langue française et le témoignage d’un grand moraliste : «Je me fais une haute idée morale et littéraire de l’humour.»

Jacques Thévenet naît en 1891 à Dommartin dans la Nièvre. Il fait ses études au lycée Carnot à Paris, entreprend des études de droit et fréquente l’atelier de l’Académie Julian. En 1912, il effectue son service militaire à Nancy jusqu’en 1914. Il est mobilisé pour la Grande Guerre, où il sera blessé par deux fois et obtiendra une médaille. Après la guerre, il entre à l’atelier de Marcel Mathelin, ensemblier décorateur, qui l’initie à l’encre de chine et à la lithographie. Il réalise des projets de costumes pour le théâtre et le cinéma, des décors de magasin, des croquis de mode.

Il expose pour la première fois au Salon d’automne de 1920, dont il devient sociétaire. C’est à cette époque qu’il subit l’influence d’André Dunoyer de Segonzac, et peint des natures mortes et des figures. Il fait la connaissance du critique d’art Roger Allard qui le présente chez Gallimard, où il dirigeait l’édition d’ouvrages de luxe. C’est par lui qu’il a la possibilité d’approcher Antoine de Saint-Exupéry, Jules Romain, Jacques de Lacretelle, Roger Martin du Gard, Léon-Paul Frague et d’autres pour qui il travailla également. En mai 1930, il part rendre visite à  Jean Giono à Manosque pour mettre au point l’illustration de Un de Baumugnes et ils sympathisent. Il décide de s’installer à Marseille et va y rester dix ans, remontant à Paris pour les affaires. Il se lie d’amitié avec Marcel Pagnol que Giono lui a présenté. Son atelier reçoit la visite de Maurice Chevalier, Paul Signac, et Philippe de Rotschild. En 1945, André Malraux conseille à Roger Martin du Gard de faire appel à Thévenet pour illustrer de soixante aquarelles et huit dessins de son roman Les Thibault, qui sera édité par Gallimard. Colette, lui commande l’illustration de Bella-Vista qui paraît aux Éditions de la galerie Charpentier. De son nouveau voyage en Italie avec Jean Giono à l’été 1957, il rapporte de nombreux dessins et exécute des illustrations pour Giono et Jean Rostand. En 1958, il réalise la nouvelle illustration de Rémi des Rauches de Maurice Genevoix, dont le cousin germain André Genevoix a épousé Madeleine, la sœur de Jacques. Il meurt en 1989 à son domicile parisien.

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