LES SILENCES DU COLONEL BRAMBLE

340,00

André MAUROIS

Charles MARTIN

Les Éditions du NORD

Illustrations de Charles MARTIN
Editions du Nord, 1929
8ème titre de la collection “Les Gloires Littéraires”
In-8° – 217 pages
Dimensions : 160 x 210
Un des 50 exemplaires (n°62) sur Hollande contenant une suite sur Chine reliée in fine
Reliure plein maroquin rouge signée Jean LAMBERT
Contreplats mosaïqués aux couleurs du drapeau anglais
Gardes moirées
Tête dorée
Couverture et dos conservés
Etui gansé
Intérieur impeccable

A partir d’un certain degré de démocratie, chacun perd son identité. Pourtant, à l’opposé du nivellement par le bas hérité de notre admirable égalité républicaine, un phénomène résolument élitiste et typiquement British a su traverser la Manche : le Gentleman.Premier roman d’André Maurois, sorti en 1918 aux éditions Nelson, Les Silences du Colonel Bramble s’attaque au concept avec une rigueur anthropologique. Il faut dire, l’intrigue s’y prête tout à fait : inspiré de sa propre expérience en tant qu’agent de liaison auprès d’un état-major britannique lors de la Première Guerre Mondiale, Maurois y dépeint avec humour les mœurs étranges et flegmatiques, la nonchalance héroïque de ces rouquins en culottes courtes. Dans un style épuré qui fait mouche, ce roman court nous balade dans les Flandres aux côtés de militaires rustiques et tout à fait charmants. Accueilli parmi eux, assis sur une caisse de munitions, on écoute les élucubrations du Major Parker, les démonstrations scientifiques fumeuses du Docteur O’Grady, et… les silences du Colonel Bramble. Et, malgré le décor sommaire et le danger permanent, on se prend à imaginer ces personnages cornéliens deviser près d’une vieille cheminée, droit dans leur fauteuil club, un brandy à la main après une rude journée de chasse à courre. Entre deux bombardements, le Colonel Bramble cesse de protéger son précieux gramophone pour rappeler malicieusement que « la vie du soldat est une vie très dure, parfois mêlée de réels dangers ».

Né à Montpellier, Charles Martin étudie à l’École des Beaux-Arts dans cette ville, puis à l’Académie Julian à Paris, avant d’entrer dans l’atelier de Fernand Cormon. Il fait ses débuts dans des magazines humoristiques et dans des revues d’élégance françaises (Le Sourire, La Vie parisienne). À partir du début des années 1910 il collabore à La gazette du bon ton, à Femina et à des revues américaines ( Harper’s bazaar, Vanity Fair). Devenu un des acteurs majeurs de la renaissance des arts décoratifs en France, il dessine des flacons de parfumerie, des meubles, des papiers peints et des affiches de réclame ou des brochures publicitaires (genre auquel il faut ajouter les célèbres Monseigneur le vin, réalisé pour les Entreprises Nicolas en 1924-1927 (5 volumes) et la brochure de Jean Cocteau qui célèbre les métiers de l’édition française, alors à leur apogée (Soignez la gloire de votre firme…, Paris, Draeger, 1924 : c’est la grande période des livres modernes illustrés, pendant laquelle les artistes du livre français s’exportent aux États-Unis)…

Principalement pendant les années 1920-1930, il illustre plusieurs livres (au total une vingtaine environ), soit des classiques de la littérature française, soit des modernes : Mon cheval, mes amis et mon amie de Marcel Astruc (Paris, La Renaissance du Livre, 1921), L’illusion héroïque de Tito Bassi d’Henri de Régnier (Paris, La Roseraie, 1925), Les silences du colonel Bramble d’André Maurois (Bruxelles, Éditions du Nord, 1929), les Contes et Nouvelles de La Fontaine (en 2 volumes : Paris, Librarie de France, 1929), les Œuvres d’Alfred de Musset (en 10 volumes, chez le même éditeur, 1930), enfin, l’Histoire de Manon Lescaut et du chevalier des Grieux de l’abbé Prévost (Paris, La Méridienne, 1934)…
Il meurt à Paris, cette dernière année, à l’âge de cinquante ans.

Ses techniques favorites sont l’eau-forte et le pochoir. Influencé par le cubisme, son style épuré est caractérisé par un trait précis, non dénué d’une certaine ironie, qui est certainement à rapprocher de celui de Georges Lepape. Francis Carco écrit de lui : « Chaque production nouvelle de cet artiste, d’ailleurs, vaut la surprise d’une trouvaille, importante ou menue. Ici c’est la grâce d’une arabesque, le caprice d’une mise en place inattendue. Plus loin, un costume, une attitude.»​

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