Henri Le Vasseur, gendre d’Abel Pinon reprit, à la mort de celui-ci en octobre 1877, sous la dénomination « Librairie Abel Pinon – A. Le Vasseur Successeur » la librairie célèbre en son temps, mais oubliée maintenant. Abel Pinon en effet, développa pour le commerce de la librairie, la vente à crédit. Ce libraire-éditeur se trouva, au début de sa carrière, possesseur d’un important et onéreux ouvrage religieux. Il imagina le proposer à la vente en fractionnant le paiement par tranche de 5 francs par mois pour 100 francs d’achat (=10 francs pour 200 francs etc…). Le succès immédiat de ce procédé l’incita à l’appliquer à la vente générale des ouvrages de librairie et créer à côté des grands éditeurs une puissance de vente destinée à élargir le champ de la clientèle et permettre, à celle qui n’avait pas l’habitude d’aller chez un libraire, d’acquérir les livres qu’elle n’aurait jamais pu s’acheter. Avec les encouragements des grandes maisons d’édition, le système de vente par courtage rencontra un succès phénoménal et permis la diffusion des grandes oeuvres de culture générale à travers le pays grâce à un réseau de courtiers.
A la mort d’Abel Pinon, à 53 ans, Henri Le Vasseur, puis son fils développèrent la méthode et furent ainsi les artisans du décollage foudroyant de la librairie Larousse. Ernest Flammarion, en 1933, évoquait encore leur réussite et signalait la librairie de la rue Fleurus, gérée par le fils de Le Vasseur et son associé comme une des plus fameuses, rendant ainsi hommage aux pionniers du crédit moderne et à leur volonté d’élargir le lectorat français.
Dans les années 1890, Henri le Vasseur fit face à la concurrence des éditeurs qui voyaient leurs profits diminuer. Ils reprirent l’idée d’Abel Pinon et proposèrent à leur tour la vente à tempérament en insérant, tel Calmann-Lévy, un bulletin de commande détachable à la fin de leur volume sur lequel le souscripteur pouvait choisir le mode de paiement.
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