Henri-Philippe Plon, né le 26 avril 1806, fonda cette maison d’édition. En 1833 il s’associe avec Théophile Belin et Maximilien Béthune pour créer l’imprimerie « Béthune, Belin et Plon », installée dans le « petit hôtel de Condé », construit en 1650, 36 rue de Vaugirard, en face du « Petit Luxembourg ». Bélin étant parti, la maison « Béthune et Plon » imprime de grandes œuvres de la littérature – Maurice Alhoy, Honoré de Balzac, Charles de Bernard, Chateaubriand -, « Béthune et Plon » éditèrent quelques ouvrages politiques et religieux. En 1841, Henri Plon achète la totalité des poinçons et matrices du fondeur de caractères Jules Didot (1794-1871), qui avait perdu la raison en 1838. Devenue l’une des plus importantes imprimeries de Paris vers la fin de la monarchie de Juillet, la Société « Béthune et Plon » fut dissoute le 28 janvier 1845, remplacée par la Société « Plon frères et Cie », associant Henri Plon avec ses deux frères, Hippolyte Plon et Charles Plon : elle fut dénommée « Typographie des Abeilles », uniquement sur les en-têtes de lettres, les enveloppes à épreuves, les traites et effets de commerce. Henri Plon fut breveté imprimeur le 28 février 1845, en remplacement de Maximilien Béthune, démissionnaire. La Librairie « Plon frères et Cie » débuta par une série de livres liturgiques illustrés. En 1852, voulant lui témoigner « sa satisfaction des efforts constants qu’il a faits pour perfectionner l’art typographique », Henri Plon reçut de Napoléon III le titre d’« Imprimeur de l’Empereur ». En 1855, l’association « Plon frères et Cie » prit fin et Henri Plon demeura l’unique propriétaire de l’imprimerie et de la librairie : ses frères Hippolyte et Charles, tout en se retirant comme associés, lui continuèrent leur concours pour la direction des ateliers de l’imprimerie. Henri Plon mourut d’une maladie de cœur, le 25 novembre 1872.
En 1873, Eugène Plon, né à Paris le 11 juin 1836, et son gendre Louis-Robert Nourrit, avocat au Conseil d’Etat, devinrent associés gérants. Leur principal défi fut de faire de l’imprimerie Plon une véritable maison d’édition. À partir de 1883, la raison sociale fut « E. Plon, Nourrit et Cie », la maison étant redevenue un bien exclusivement de famille : Robert Nourrit fit entrer dans la société ses deux gendres, Pierre-Marie Mainguet (1855-1926) et Henri-Joseph Bourdel (1856-1945), puis son propre fils, Adolphe-Eugène-André Nourrit (1869-1915). Robert Nourrit mourut le 11 juin 1894, Eugène Plon le 31 mars 1895.
En 1895, la maison passe aux mains des héritiers de Robert Nourrit : Pierre Mainguet et Joseph Bourdel, ses deux gendres, et Adolphe Nourrit, son fils [qui obtint, le 30 novembre 1895, l’autorisation de faire précéder son nom patronymique du nom de Plon]. L’arrivée de la quatrième génération intervient peu de temps avant la Première Guerre mondiale avec l’entrée en scène d’Henri Bourdel, Henri et André Mainguet. La maison familiale sort de la guerre fragilisée par la disparition au front de trois des siens, Adolphe Nourrit, Henri Bourdel et André Mainguet. Pourtant, la Librairie Plon va connaître un véritable essor pendant l’entre-deux-guerres. Le fonds de littérature s’enrichit avec l’arrivée d’auteurs qui vont faire le succès de la maison : après Paul Bourget, passé d’Adolphe Lemerre à Plon, et Henry Bordeaux, qui publie son premier roman en 1900, les frères Tharaud, Georges Bernanos et Julien Green vont permettre à la Librairie Plon de rivaliser avec les grands éditeurs littéraires de son temps. C’est aussi dans l’entre-deux-guerres que sont lancées plusieurs collections prestigieuses – « Le Roseau d’or », la « Collection d’auteurs étrangers », qui devient « Feux croisés », et « La Palatine » -, ainsi qu’une collection de poche, la « Bibliothèque Plon », qui réédite les succès de la maison. La Librairie Plon s’est également fait l’éditeur de deux revues littéraires, La Revue hebdomadaire et Le Nain vert, et d’un magazine d’actualités, 1933.
La Librairie Plon n’aura pas la force de résister à la première vague de concentrations qui touche le monde de l’édition dans les années 1950. Elle sera l’une des premières maisons à tomber entre les mains d’un financier, Thierry de Clermont-Tonnerre, qui devient P-DG de Plon en juillet 1962. En vendant la maison de ses ancêtres à l’Union financière de Paris, qui la revendra bientôt aux Presses de la Cité, Maurice Bourdel choisit de mettre un terme à l’histoire d’une entreprise familiale vieille de quelque 130 ans.
Les livres de cet éditeur au catalogue
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ROMAN DES QUATRE – MICHELINE ET L’AMOUR
240,00€ -

PÉPÈTE ET BALTHASAR
140,00€ -

LE COEUR ET LE SANG
50,00€ -

LA CHARTREUSE DU REPOSOIR
100,00€ -

VALOMBRÉ
55,00€ -

GRANDEURS ET MISÈRES D’UNE VICTOIRE
50,00€ -

COEUR PENSIF NE SAIT OÙ IL VA
80,00€ -

SUR CHAMP D’AZUR
30,00€ -

ÉQUIPÉE
35,00€ -

LA ROUTE DES INDES
45,00€ -

MONSIEUR OUINE
30,00€












