EDITIONS DE LA NOUVELLE FRANCE

Selon Elisabeth Parinet (Histoire de l’édition à l’époque contemporaine, Seuil, 2004, p. 368), les éditions de la Nouvelle France sont créées par le fils de Georges Crès qui ajoute « au fonds hérité de l’ancienne maison Crès, disparue en 1938 », une édition de « demi-luxe ».
De nombreux ouvrages sont de nouvelles éditions puisqu’il n’y a en tout qu’une quinzaine d’inédits.
Sans doute avec l’accord de l’occupant et grâce à un groupement d’éditeurs, elles ne manquent pas d’un papier de qualité et publient 42 ouvrages de 1943 à 1947, à tirage limité, des romans luxueux pour l’époque, reliés et illustrés, dans la collection « La Vie exaltante ». Le tirage est généralement de 500 ouvrages, plus 80 hors commerce (certains ouvrages bénéficient de nouveaux tirages en 1946), tous illustrés en couleurs, avec des hors-texte. Les livres, au format 19,5 sur 14,5 cm., sont munis d’une jaquette mobile illustrée en couleurs.
Au départ, la tonalité de la collection semble traditionaliste et nationaliste. La publication d’un livre consacré à Charlotte Corday, la meurtrière du révolutionnaire Marat, est assez édifiante. Certains auteurs sont maurrassiens, pétainistes et la présence du comte de Gobineau, précurseur de théories racistes, confirme cette orientation droitière.
Or, dans la deuxième moitié de l’année 1944, après la libération de Paris, la collection introduit d’autres sensibilités dès la douzième parution. Interviennent alors des auteurs gaullistes, tel Jacques Debû-Bridel (pour une vie de La Fayette, une vie au service de la liberté), des résistants, comme Paul Achard. Des ouvrages célèbrent adroitement le débarquement, les armées de libération sur terre, sur mer et dans les cieux. Après une réédition de L’Escadron blanc de Joseph Peyré, illustrée par Pierre Noël, le 6e volume est une réédition de La Guerre du feu de J.- H. Rosny, illustrée en couleur par Michel Jacquot, avant Marins de Surcouf et Pirates et négriers de Louis Garneray, mis en images par Timar. Sur le même thème sera publié Les Gentilshommes de la flibuste de Léon Treich. La mer et les marins inspirent d’autres rééditions de récits, comme L’Aigle de mer d’Edouard Peisson, L’Ancre de miséricorde (1944) de Pierre Mac Orlan, illustré par Guy Arnoux, Patrouilles à la mer. Dunkerque-Fessingue 1939-1940 de Pierre Dubard. Le récit de Jean Variot, Les Coursiers de Sainte-Hélène, superbement illustré par Luc-Marie Bayle (1914-2000), imprimé en juillet 1945, est « autorisé par la censure militaire en date du 30 octobre 1944 ». (Source : https://raymondperrin.blogspot.com)

Les livres de cet éditeur au catalogue