GIO COLUCCI

Gio Colucci, né le 30 mai 1892 au Caire et mort le 5 octobre 1974 à Paris, est un artiste aux multiples facettes : peintre, graveur, illustrateur, céramiste et sculpteur d’origine italienne. Élève à l’École des beaux-arts de Paris, il s’oriente d’abord vers l’architecture en Égypte, puis rentre en France en 1918, après la Première Guerre mondiale, où il développe une œuvre plastique libre et expérimentale.

Issu d’un milieu intellectuel – son frère Guido Colucci était écrivain et calligraphe – il illustre avec lui plusieurs ouvrages de bibliophilie. Dans les années 1920, ses gravures expressionnistes sont exposées dans les plus grands salons parisiens aux côtés de Gleizes, Herbin et Delaunay. Il collabore avec de nombreux éditeurs d’art, illustrant des textes de Barbey d’Aurevilly, Maupassant, Octave Mirbeau, Dante ou encore Villon.

En 1929, il se tourne vers la céramique et installe son atelier à Aubagne. Influencé par les traditions provençales et l’esthétique étrusque, il crée des pièces uniques aux formes puissantes et aux émaux denses, mêlant art utilitaire et sculpture expressive. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans la Légion étrangère, est fait prisonnier puis s’évade avant de revenir à son travail de potier.

Après-guerre, il expose notamment à la galerie Christofle à Paris. En 1956, il fonde avec Gino Severini l’École d’art italien, où il enseigne la céramique. En 1959, il est exposé à la Quadriennale de Rome et à New York. Il meurt à Paris en 1974. Son atelier a été dispersé aux enchères en 1994 et 1995.

Gio Colucci développe un style profondément personnel, à la croisée de l’expressionnisme, de l’abstraction et de l’art décoratif. Il s’illustre par un travail virtuose de la matière, que ce soit dans ses eaux-fortes, gravures sur bois, illustrations de luxe ou ses pièces en céramique.

Son univers graphique, très contrasté, oscille entre tension dramatique et lyrisme formel. Ses illustrations de La mort de Philae de Loti ou du Jardin des supplices de Mirbeau sont emblématiques de cette esthétique. Sa série de manuscrits enluminés en collaboration avec son frère (notamment le Grand Testament de Villon) relève d’un travail d’orfèvre entre peinture et calligraphie.

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