Lucien naquit à Samosate, ville située sur les bords de l’Euphrate et capitale de la Commagène, province de Syrie. Selon la Souda, il est né vers la fin du règne de Trajan (98-117) et il est sans doute mort vers la fin de celui de Marc Aurèle (161-180). Samosate était une ville sur la route entre l’Asie Mineure et l’Inde, annexée à l’Empire romain par l’empereur Vespasien. Dans cette ville florissante, on parlait beaucoup de langues, et il est bien possible que la langue maternelle de Lucien ait été l’araméen. Il connaissait probablement le latin sans que cela soit sûr et apprit très jeune le grec. Il devint ainsi finalement « un intellectuel grec, citoyen romain de l’Empire, sans jamais oublier ses origines syriennes ».
À l’en croire, il vient d’un milieu modeste et selon l’opuscule Le Songe ou la Vie de Lucien, ses parents le destinaient à la profession de sculpteur, jugeant cela suffisant pour leur fils. Mais il quitta le maître à qui on l’avait confié, un frère de sa mère, dès son premier jour d’apprentissage, car celui-ci l’avait frappé, Lucien ayant brisé en deux le marbre qu’il devait préparer. Après cela, Lucien quitta ses parents pour apprendre le grec et suivre les enseignements donnés dans les écoles de rhétorique en Ionie.
La Souda nous apprend qu’une fois sa formation terminée, il fut avocat à Antioche, un travail qui ne semble pas lui avoir plu si bien qu’il commença à voyager dans les provinces romaines, de l’Asie Mineure à la Gaule (où il se serait considérablement enrichi grâce à ses talents de rhéteur et à l’enseignement de la rhétorique, un poste très bien payé. Il était donc devenu un sophiste itinérant, fonction dont il avait fait son métier. Après quoi, il se rend à Athènes, nouvelle étape qui marque un tournant dans sa carrière en abandonnant la sophistique et devient un pamphlétaire, se spécialisant dans le genre auquel il devra l’essentiel de sa gloire, le dialogue satirique. Enfin, il se fixa en Égypte, où l’empereur Marc Aurèle lui assigna d’importantes fonctions administratives et judiciaires.
Ses dialogues les plus connus sont les Dialogues des dieux et Dialogues des morts. Il a aussi écrit de nombreux dialogues pour ironiser en un style proche des cyniques contre les philosophes. Il se moqua des chrétiens et de Jésus, en les présentant comme naïfs, idolâtres, séditieux et crédules.
Lucien est parfois considéré comme un des pères de l’esprit critique. Loin de s’en prendre aux seuls chrétiens, il démonte toutes sortes d’impostures magico-religieuses et de charlatanisme.
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