
LA CONFESSION D’UN ENFANT DU SIÈCLE
Alfred de MUSSET
“J’ai bien envie d’écrire notre histoire. Il me semble que cela me guérirait et m’élèverait le cœur. Je voudrais te bâtir un autel, fût-ce avec mes os…” C’est ainsi que le 30 avril 1834, un mois après la fin du séjour mouvementé des deux écrivains-amants à Venise, Alfred de Musset faisait part à George Sand de son projet de “confession.”
Ce roman quasi-autobiographique où le badinage le cède bientôt à la tragédie intime apparaît aujourd’hui comme un des livres phares du dix-neuvième siècle français. Non qu’il constitue comme Le Génie du Christianisme un quelconque acte de naissance du mouvement romantique, mais parce qu’il situe le Romantisme à la croisée des chemins, à un moment où celui-ci tend à délaisser l’idéalisme pour s’adonner à la “curiosité du mal”.
A vingt-cinq ans, Musset n’offre pas ici une simple esquisse prometteuse, comme le croyait Sainte-Beuve, mais un testament littéraire qu’il ne dépassera pas, un livre où il devient le héraut d’une génération dont la leçon amère est que, face à l’absurdité de vivre, l’irrésolution est la seule attitude lucide.
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