
L’HEPTAMÉRON DES NOUVELLES
MARGUERITE D’ANGOULÊME
REINE DE NAVARRE
Les nouvelles traitent de cas mémorables, le terme étant applicable à tout accident digne d’être retenu, « que ce soit une galante aventure de François Ier (nouvelle 25) ou le tragique d’un double inceste (nouvelle 30) ».
L’amour est le sujet principal.
Il serait réducteur de s’en tenir aux histoires de personnages infidèles ou lubriques racontés par les devisants, aux histoires d’amour charnel, de tromperie et de malice qui ont pu étonner de la part d’une princesse et d’une femme de foi. La Croix du Maine, dans le deuxième tome de ses Bibliothèques françoises, déclare qu’il n’arrive pas à croire que la reine de Navarre ait pu écrire des histoires si licencieuses : « Je ne sais si la-dite Princesse a composé ledit Livre, d’autant qu’il est plein de propos assez hardis, et de mots chatouilleux ».
Parmi les histoires grivoises, celles qui impliquent des moines et de prêtres débauchés – avec une présence quasi-obsessionnelle des cordeliers (franciscains) – témoignent non seulement de l’anticléricalisme médiéval et d’un contexte historique précis, mais également de la pensée évangélique de Marguerite.
Si Marguerite partage avec Boccace cette condamnation des abus au sein de l’Église, du mal agir, mais aussi du mal croire (voir, par exemple, la cinquième nouvelle, dans laquelle est raconté le sort de deux cordeliers qui voulaient violer une jeune batelière, avec une allusion à la métaphore de l’Église comme barque du salut), elle est innovatrice dans l’inclusion du célèbre débat sur le parfait amant.
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