
M. DE CLÉRAMBON
Maurice MAINDRON
En parfait contraste avec Saint-Cendre, voici M. de Clérambon. D’après les apparences, M. de Clérambon s’inspire des mêmes maximes que son ami : il semble, comme le marquis, un voluptueux égoïste et cynique. Il force les femmes, lui aussi, dans les sacs de villes ou de forteresses : il entretient une manière de sérail dans son château de la Rochethulon. Mais il se revanche par ces mœurs de soudard d’un chagrin secret. M. de Clérambon est l’homme qui déplaît aux femmes. Pourquoi ? Il n’est ni laid ni contrefait. Seulement, il est brusque, timide, maladroit. Il est capable d’aimer, tandis que Saint-Cendre en est incapable ; et Maindron insinue parfaitement que c’est en quoi réside la véritable infériorité de M. de Clérambon. À se rappeler certain regard, « M. de Clérambon frissonnait sous ses armes, au milieu de ses soldats, parmi les bruits et le cliquetis des harnois, dans l’épais fourmillement des piques. Une armée cent fois plus nombreuse, toutes les artilleries du monde n’auraient pu changer ce regard »
. N’est-ce pas saisissant, l’angoisse de cet intrépide et féroce massacreur, désarmé, paralysé, anéanti par un amour malheureux ? Tel est, d’après Maindron, l’inévitable lot des cœurs sincères et profonds.
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