L’ORME DU MAIL

VENDU

Anatole FRANCE

Jacques THÉVENET

LA BELLE ÉDITION

Aquarelles de Jacques THÉVENET coloriées à la main

La Belle Édition, sd

In-8° - 206 pages
Dimensions : 160 x 220

Exemplaire de tête n°4 sur vergé pur fil ancien de Lana avec suite en noir

Reliure demi-maroquin caramel à coins
Tête rose
Intérieur impeccable

L’intrigue se déroule en France, dans une ville de province dont le nom n’est pas cité, mais qui est un « chef lieu de canton » qu’on peut situer près de Tourcoing. L’action se situe en 1896 ou en 1897 (M. Bergeret déclare en effet au chapitre 13 : « Toutefois la France a déjà survécu vingt-sept ans à l’Empire, quarante-huit ans à la royauté bourgeoise et soixante-six ans à la royauté légitime. »)

 

L’évêché de Tourcoing étant devenu vacant, deux candidats s’affrontent. L’un d’eux, l’abbé Lantaigne, responsable du grand séminaire, est un érudit, austère et froid, peu ami des idées nouvelles et tourné vers le passé. L’autre, l’abbé Guitrel, est professeur d’éloquence, également au grand séminaire, et a plus de souplesse, ce qui lui permet de mieux réussir dans sa campagne. Tous deux sont également décrits comme sournois et hypocrites, bien loin des vertus chrétiennes qu’ils sont censés incarner.
Anatole France promène un regard chargé d’humour et d’ironie, parfois grinçante, sur l’Église et la société bourgeoise de la fin du xixe siècle. L’auteur met en scène une foule de personnages dont les comportements et les conversations illustrent les évènements et les préoccupations de l’époque : les relations houleuses entre l’Église et l’État, le pouvoir de la franc-maçonnerie, l’antisémitisme, l’infaillibilité de la justice, les apparitions de Lourdes, l’autorité de l’armée, etc., ce qui donne parfois lieu à de longues digressions.

Les personnages sont campés dès le premier volet de la tétralogie. Tous semblent mûs par leurs passions : l’appât de l’argent, du pouvoir, le sexe. Tous sauf un, qui se détache particulièrement : M. Bergeret, Maître de conférence à la Faculté de Lettres. Méprisé par sa femme et mal noté par ses supérieurs, il passe ses loisirs dans la boutique du libraire à feuilleter de vieux livres (en fait toujours le même) et sur le mail où il rencontre à l’occasion l’abbé Lantaigne. M. Bergeret ne joue pas un rôle, et peut-être à cause de cela, il n’est pas heureux. Ses opinions sur la vie et l’actualité sont désabusées ; pour autant il est libéral et s’émeut devant l’injustice.

Une attention particulière doit être portée aux rapports de l’Église et de l’État sous la IIIe république, à la fin de ce XIXe siècle, le « siècle des révolutions » comme le baptise Anatole France. À cette époque, l’Église de France est dépendante de l’État qui rémunère les prêtres (c’est le concordat). De plus, des lois anticléricales datant de 1880 ont interdit certaines congrégations religieuses dont les Jésuites. Subsistent entre autres les congrégations gérant des hôpitaux et des écoles (ce détail est rappelé dans le livre). L’État français a son mot à dire dans la nomination d’un évêque : si le choix final revient au Saint-Siège, la liste des candidats est établie par le ministre des cultes. C’est pourquoi les candidats ont besoin d’appuis dans la société civile.

Jacques Thévenet naît en 1891 à Dommartin dans la Nièvre. Il fait ses études au lycée Carnot à Paris, entreprend des études de droit et fréquente l’atelier de l’Académie Julian. En 1912, il effectue son service militaire à Nancy jusqu’en 1914. Il est mobilisé pour la Grande Guerre, où il sera blessé par deux fois et obtiendra une médaille. Après la guerre, il entre à l’atelier de Marcel Mathelin, ensemblier décorateur, qui l’initie à l’encre de chine et à la lithographie. Il réalise des projets de costumes pour le théâtre et le cinéma, des décors de magasin, des croquis de mode.
Il expose pour la première fois au Salon d’automne de 1920, dont il devient sociétaire. C’est à cette époque qu’il subit l’influence d’André Dunoyer de Segonzac, et peint des natures mortes et des figures. Il fait la connaissance du critique d’art Roger Allard qui le présente chez Gallimard, où il dirigeait l’édition d’ouvrages de luxe. C’est par lui qu’il a la possibilité d’approcher Antoine de Saint-Exupéry, Jules Romain, Jacques de Lacretelle, Roger Martin du Gard, Léon-Paul Frague et d’autres pour qui il travailla également. En mai 1930, il part rendre visite à Jean Giono à Manosque pour mettre au point l’illustration de Un de Baumugnes et ils sympathisent. Il décide de s’installer à Marseille et va y rester dix ans, remontant à Paris pour les affaires. Il se lie d’amitié avec Marcel Pagnol que Giono lui a présenté. Son atelier reçoit la visite de Maurice Chevalier, Paul Signac, et Philippe de Rotschild. En 1945, André Malraux conseille à Roger Martin du Gard de faire appel à Thévenet pour illustrer de soixante aquarelles et huit dessins de son roman Les Thibault, qui sera édité par Gallimard. Colette, lui commande l’illustration de Bella-Vista qui paraît aux Éditions de la galerie Charpentier. De son nouveau voyage en Italie avec Jean Giono à l’été 1957, il rapporte de nombreux dessins et exécute des illustrations pour Giono et Jean Rostand. En 1958, il réalise la nouvelle illustration de Rémi des Rauches de Maurice Genevoix, dont le cousin germain André Genevoix a épousé Madeleine, la sœur de Jacques. Il meurt en 1989 à son domicile parisien.

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