
Félix Roy, dit Sylvain Sauvage, vient d’une famille d’architectes, il est né à « Baume les messieurs » dans le Jura le 8 mai 1888 et mort à Paris en janvier 1948. Il est à la fois un illustrateur et technicien du livre français. Il passe par l’école des Beaux-Arts en architecture et se consacra principalement au dessin d’illustration et à la gravure. Sa carrière commença véritablement pendant les années vingt et son travail fut particulièrement remarqué lors de l’exposition internationale des arts décoratif à Paris en 1925. Il a été exposant du Salon des artistes décorateurs et directeur de l’Ecole Estienne à partir de 1934 jusqu’à sa mort.
Revenu de la guerre, il se lance dans le livre illustré grâce à l’éditeur Kieffer, qui lui confie l’illustration de L’Ingénu de Voltaire en 1922. Il collabore avec Mornay, Jonquières et Crès, avant de prendre la décision de préserver son indépendance créatrice en devenant son propre éditeur en 1925.Pour le bonheur des bibliophiles Il est un des acteurs de de la renaissance du livre illustré après la première Guerre mondiale (aux côtés de G. Barbier, A.-E. Marty et F.-L. Schmied). Il a illustré de nombreux ouvrages, où son travail excelle dans des scènes à l’érotisme léger, on remarquera que les femmes de Sylvain Sauvage sont peu farouches et toujours raffinées. Les Chansons de Bilitis de Pierre Louÿs, La Leçon d’amour dans un parc et Les Nouvelles leçons d’amour dans un parc, de René Boylesve, et Candide de Voltaire… La pureté de son trait, rendue en eau-forte ou en gravure sur bois et associée à la technique du pochoir, ont fait de lui un des illustrateurs emblématiques du livre Art Déco. Il a également travaillé sous le pseudonyme de Jacques Tournebroche, d’après le personnage d’Anatole France (dont il a illustré l’œuvre au début de sa carrière)
Beaucoup de libraires y compris les experts nommés auprès des salles de vente (et moi – mea culpa) attribuent à tort le pseudonyme « ESPÉRANCE » à Sylvain Sauvage. Un bibliophile averti, grand amateur de Sauvage, m’a fait parvenir un extrait de l’ouvrage » Sylvain SAUVAGE, voyage au pays littéraire d’un illustrateur » par Bernard SAUGIER que je reproduit ici : » Les libraires attribuent à Sylvain Sauvage l’illustration, sous le pseudonyme d’Espérance, des Oraisons amoureuses de Jeanne-Aurélie Grivolin Lyonnaise de Roger Pillet. Ces compositions appartiennent en fait à Suzanne Espérance Theureau sous le pseudonyme d’Espérance, la vignettiste de Poèmes en bouquet. La similitude du trait d’Espérance avec celui de Sylvain Sauvage explique la confusion et indique ce que l’élève doit au maître. Dans une lettre non datée, sans doute adressée à Eric Bagge qui l’épousera, Suzanne Theureau évoque ce petit ouvrage dont elle a « commis » les images. On reconnait pour les Oraisons amoureuses la même équipe en partie issue de l’École Estienne : François Viloin des Éditions du Moustié, Poilliot pour les gravures des bois, et c’est encore Vairel qui applique les couleurs au pochoir. »
Rendons, avec hommage, à Suzanne (1910 – 2004) ce qui n’appartient pas à Sylvain et sortons celle qui fût d’abord professeur de dessin, puis inspecteur du Dessin pour la ville de Paris des oubliettes de l’histoire artistique, victime du panurgisme des libraires car si l’explication de la confusion semble claire on ne sait pas qui l’a commise en premier, suivi ensuite par le troupeau.
Merci infiniment à mon interlocuteur (et à Bernard SAUGIER) qui me permet de corriger cette magistrale erreur.
Les livres de cet illustrateur au catalogue
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MADAME CHRYSANTHÈME
120,00€ -

LES ORAISONS AMOUREUSES DE JEANNE AURÉLIE GRIVOLIN
230,00€ -

NOUVELLES LEÇONS D’AMOUR DANS UN PARC
90,00€ -

LES CONTES DE JACQUES TOURNEBROCHE
120,00€ -

LE ROUGE ET LE NOIR
160,00€ -

L’ART D’AIMER
135,00€ -

LES ARTISTES DU LIVRE – SYLVAIN SAUVAGE
90,00€ -

MES AMOURS A VINGT ANS
80,00€ -

FLORILÈGE DE LA POÉSIE AMOUREUSE DU XIIe AU XVIIIe SIÈCLE
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NEZ-DE-CUIR
100,00€ -

LA PHYSIOLOGIE DU GOÛT
360,00€












