Paul Ollendorff, né le 24 février 18511 et mort le 15 décembre 1920, est le deuxième fils d’Heinrich Gottfried Ollendorff, émigré juif de Pologne, et auteur d’un ouvrage pédagogique à succès intitulé « Nouvelle Méthode pour apprendre à parler, écrire une langue en six mois« . Paul, son frère Gustave, sa sœur Mina et leur mère Dorothéa Ollendorff-Pincus vivront dans un premier temps des revenus éditoriaux du père, vendant les méthodes rue de Richelieu : c’est au 28 bis de cette rue qu’en 1875 le jeune Ollendorff ouvre sa propre librairie, avec comme fonds de départ des pièces de théâtre.
Il accueille Georges Ohnet, qui vient d’être refusé par Calmann Lévy : Le Maître de forges (1882) sera le premier grand succès d’Ollendorff, qui est désormais un éditeur en vue. Bientôt, Guy de Maupassant lui confie près d’une dizaine de textes, dont Le Horla (1887), mais aussi Octave Mirbeau, qui lui donne ses deux premiers romans, Alphonse Allais, Paul Adam, Jean Lorrain, Paul Féval fils, Abel Hermant, Willy, Jules Renard, Fernand Vandérem… soit plus de 2 000 titres présents au catalogue en 1896. Certains ouvrages font appel à des illustrateurs très marqués par le style art nouveau.
En 1898, fort de son succès, Paul crée avec quelques associés la Société d’éditions littéraires et artistiques, en complément de La Librairie Ollendorff. Les locaux se situent 50, rue de la Chaussée-d’Antin et Colette ou André Theuriet se laissent séduire par cette nouvelle maison. En 1899, il entreprend l’édition illustrée des Œuvres complètes de Maupassant dont il confie toute la gravure sur bois à Georges Lemoine.
Alors qu’en mai 1902, Ollendorff annonçait la publication d’une nouvelle collection reliée à 3,50 francs en la présentant comme une nouvelle forme d’édition, sa gamme de « romans populaires illustrés » (par Géo Dupuis, José Roy, etc.) ne prend pas, sans doute concurrencée par des ouvrages bien plus alléchants. La Librairie Ollendorff semble péricliter à partir de 1904. Déçu, il est plus ou moins écarté par ses associés et rachète ensuite avec ses parts le journal Gil Blas avec Antonin Périvier (première publication sous sa direction le 10 janvier 1903), qu’il abandonne en 1911. En 1903, il lance Drames vécus ! Plus de fictions : la réalité, un périodique de récits illustrés dirigé par Félix Le Héno (Jacques Dhur).
Après 1903, « Paul Ollendorff, éditeur » continue son activité. La maison décroche le prix Goncourt de 1905 avec Les Civilisés de Claude Farrère, un véritable best-seller, puis lance plusieurs nouvelles collections à bas prix.
Début 1913, il refuse le manuscrit des premiers tomes d’«A la recherche du temps perdu » en écrivant à ce sujet à Marcel Proust que: « Je suis peut-être bouché à l’émeri, mais je ne puis comprendre qu’un monsieur puisse employer trente pages à décrire comment il se tourne et se retourne dans son lit avant de trouver le sommeil. »
Quand Paul Ollendorff meurt en 1920, la maison qu’il avait créée est quelque peu endormie. Les éditions Albin Michel récupérèrent une partie du fonds en 1924 (« Fonds Ollendorff »). La Société d’Éditions littéraires et artistiques dépose le bilan en janvier 1940. (Source : Wikipedia)
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